Schenker-Joyau, le poids lourd de la logistique passe au Wi-Fi

Basée en Vendée, Schenker-Joyau, filiale française du géant européen des transports DB Schenker, vient d’opter pour le Wi-Fi. Le groupe peut ainsi optimiser l’acheminement des colis, en assurer le suivi et en garantir la distribution.

Montaigu (Vendée) - A proximité de Nantes, cette petite ville de 6.000 habitants abrite le siège de Schenker-Joyau, l’un des leaders français spécialistes de la messagerie (distribution de gros et moyens colis). Son réseau, organisé autour de 61 agences, délivre chaque jour 120.000 paquets dans des délais de 24 et 48 heures. Une organisation à flux tendus pour des livraisons en temps et en heure ! « Nous sommes présents sur l’ensemble du territoire », explique Frédéric Blanchard, Responsable Informatique de Production de Schenker-Joyau. « Notre créneau, c’est celui de la messagerie, c’est-à-dire, du flux,tendu ou presque, la livraison de colis pesant entre 50 et 350 kg dans des délais les plus courts possibles. D’où, pour nous, la nécessité d’une logistique vraiment efficace et partiellement automatisée, organisée autour d’une flotte de 1.600 véhicules ». Début 2007, la décision a été prise d’optimiser encore les processus en introduisant notamment la technologie Wi-Fi. Le choix se porte alors sur un prestataire bien connu dans la profession : Hub télécom région, anciennement BGI Technologie, une PME à dimension nationale, tout récemment acquise à 100% par Hub télécom (cf. Hubmag n°7). « Dans notre secteur, explique Frédéric Blanchard, la tendance est désormais au transport de lots et de demi-lots. L’un de nos axes de développement, c’est le transport de messagerie à l’international sur des marchés de niche ; nous y réalisons une bonne partie de notre chiffre d’affaires. Par exemple, nous avons une offre très prisée en ce moment, c’est le ‘Joyau Top’ qui apporte à nos clients la garantie d’une livraison sous 48 h ».

Dans un contexte très concurrentiel, le service devient une véritable valeur ajoutée. Il gagne en efficacité grâce aux hommes et au choix de bons outils. Ainsi, Hub télécom région a préconisé l’utilisation de pistolets Wi-Fi, petits terminaux de la taille d’un téléphone, capables de lire instantanément des codes-barres apposés sur les colis ou ensembles de colis. Reliés, sans fil (communication radio 802.11) aux serveurs de l’entreprises, ces terminaux ont permis d’accélérer de façon spectaculaire les flux de réception/livraison. La nouvelle logistique a permis d’optimiser considérablement les multiples tournées en rationalisant les trajets de livraison. Elle permet également de réaliser des inventaires en temps réel.

Les avantages de la solution

> Le réseau sans fil (Wi-Fi), avec l’utilisation de pistolets Wi-Fi terminaux, permet une mise à jour de la base de données en temps réel ainsi qu’un suivi et une localisation des colis à tout moment.
> Le processus permet des gains de temps et donc une meilleure productivité, mais il apporte également des avantages qualitatifs et compétitifs. Les informations en temps réel sont un atout évident dans les services de messagerie.



Un choix stratégique et efficace

L’utilisation du Wi-Fi est venue s’ajouter à l’utilisation du code-barres, qui remonte à 1984. « À l’époque du déploiement de cette première infrastructure avec codes-barres, Schenker-Joyau était déjà un précurseur dans le domaine de l’étiquetage. Nous avions alors besoin de gérer l’augmentation des flux, de rationaliser le transport. Le processus n’était pas encore industrialisé. Aujourd’hui, il l’est toujours plus, à hauteur de 80% », précise Frédéric Blanchard. Les pistolets Wi-Fi permettent de flasher les étiquettes à chaque chargement/déchargement. Ceci présente de nombreux avantages. Le dispositif apporte un traitement des colis plus rapide, car la vitesse de traitement est très nettement accélérée. « Notre but étant de coller à la réalité, il fallait sortir du modèle ‘batch’ [ou traitement différé]. Les « puits de vidage » pour les pistolets ne donnaient les informations qu’avec un décalage et non en temps réel. Or, le cauchemar dans notre métier, c’est lorsqu’un colis reste sur le quai ! Avec le nouveau système, chaque « flash » qui présente une erreur occasionne instantanément un bip d’alerte, ce qui permet aux manutentionnaires d’être très réactifs », souligne Frédéric Blanchard. La connexion sans fil, à un débit de 11 Mbits/s, s’est rapidement faite une place. « Chaque mise en livraison s’accompagne d’un flashage de l’étiquette. Cette solution nous a apporté un traitement en temps réel, se réjouit Frédéric Blanchard. Elle représente un avantage évident dans notre secteur où les délais doivent être strictement respectés. Auparavant, avec la méthode en ‘batch’, les données étaient stockées dans le terminal, qui ne transmettait les données qu’une fois reconnecté à l’informatique. La moindre défaillance du terminal, avec perte de ses données, provoquait de sérieux problèmes en cascade.»

Hub télécom région, un prestataire de proximité

La première commande de terminaux Wi-Fi date du mois de mars 2006, pour une exploitation démarrée en septembre. « Je cherchais plus un partenaire qu’un prestataire. Et surtout, je souhaitais avoir le choix entre plusieurs constructeurs. Ce qui était appréciable chez Hub télécom région, c’est leur proximité géographique et leurs compétences. Je cherchais des interlocuteurs pragmatiques qui ne me poussent pas à l’achat. Ils connaissaient déjà bien le métier du transport. Et contrairement aux autres intégrateurs/installateurs, ils n’étaient pas mono-marque. La phase de qualification du projet a été bien suivie. Nous avons pu tester différents terminaux. La proximité des équipes sur le site La Haye Fouassière a été un élément différenciant», explique Frédéric Blanchard.


La dématérialisation des documents

« Dans la nouvelle solution avec pistolets Wi-Fi, aucun colis ne doit circuler sans étiquette. Cette dernière contient le plan de transport qui est spécifique à chacune de nos agences », explique Frédéric Blanchard. Au total, 900 terminaux de format PDA ont été mis en service : ce sont des matériels Motorola MC30 90 (garantis 3 ans). Dès qu’un colis est flashé, le ‘log’ correspondant est instantanément inscrit sur le serveur et enregistré dans la base de données du groupe. Le dispositif apporte donc un suivi centralisé avec des informations disponibles pour l’ensemble des services après-vente.

L’autre intérêt de cette solution, c’est la dématérialisation des documents. Les liasses de papier sont en voie de disparition, d’autant plus que le mode « papier » s’avère nettement moins sécurisé. Ici, le terminal pistolet reste sur le quai, alors que le papier était embarqué et pouvait être égaré, ce qui représentait un risque en cas de litige avec un client mécontent.

Aujourd’hui, une simple interrogation du serveur permet de connaître la localisation exacte, en temps réel, d’un colis. En cas de perte ou de mauvais aiguillage d’un colis, il est très facile de le rerouter vers la bonne destination en utilisant le chemin le plus direct. L’adoption de cette nouvelle solution n’a pas été trop fastidieuse : « Il n’est jamais évident de changer ses habitudes. Certains chauffeurs voyaient ce PDA comme un moyen coercitif. Or, aujourd’hui ce sont eux qui sont demandeurs. Nous avons 900 terminaux pour près de 1.300 tournées. A terme, il va donc falloir compléter notre arsenal. Pour le moment nous pouvons toujours utiliser un seul PDA pour plusieurs tournées.»

Quelles sont les nouvelles fonctions envisagées ? « Dans le futur, il sera intéressant de pouvoir contrôler la volumétrie des colis directement depuis le terminal. C’est l’histoire du poids plume et du kilo de plomb! Généralement dans notre métier nous préférons le colis lourd et peu volumineux. Le taux de remplissage est extrêmement important pour nous ; il peut toujours être optimisé. »

Cette solution de connexion sans fil pose-telle des soucis de sécurité ? « Il est vrai que le Wi-Fi soulevait cette question. Mais chez Schenker, nous menons régulièrement des audits afin de vérifier la conformité des filiales. De plus, nous ne sommes pas la cible privilégiée des cyber-criminels. Personne ne sait si nous transportons ou non des denrées précieuses. Pour l'instant, le réseau est sécurisé, avec identification de chaque terminal (adresse MAC) et il le sera plus encore avec des clés de nouvelle génération. Le risque de fraude est limité »

Un pionnier de la messagerie

L’entreprise de transports Joyau a été créée en 1925 par Henri Joyau. A la de son cinquantenaire, en 1973, elle fait l’acquisition de deux entreprises son secteur, les sociétés Galle et Vendée Transports. En 1985, nouvelle croissance externe avec le rachat du groupe de transports Fumeron-Thery.
En 1991, un directeur général est nommé, Jacques Godet, lequel, 4 ans plus suite au départ en retraite de Henri Joyau, regroupe des fonds permettant rachat de l’ensemble des sociétés du groupe. Jacques Godet est alors nommé président du directoire de Joyau SA.
En 2001, le groupe accélère sa croissance externe : pas moins de 12 sociétés transports sont rachetées. En parallèle, en 2001 et 2002, 9 nouvelles agences sont ouvertes.
En 2003, la société rejoint le groupe allemand Schenker. Parallèlement la croissance du Groupe se poursuit avec le lancement de trois nouveaux sites messagerie. Deux ans plus tard, confirmation de la dimension européenne raison sociale devient Schenker-Joyau. En 2006, une nouvelle agence est ouverte à Orléans. Un nouveau site principal, sur 8.000 m2, est achevé à Nantes-Couéron.
L’année suivante, de nouveaux bâtiments sont construits à Lille, Lyon et Marseille. 2008 verra l’ouverture de nouvelles agences à Saint-Brieuc, Bourges… A ce jour, Schenker-Joyau compte 3.500 salariés répartis sur 61 agences.