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Code-barres, "tag" RFID... le boom de la traçabilité
La traçabilité est une notion qui trouve de plus en plus
de résonances dans tous les secteurs de l’industrie, des services et de l’état. Disposer d’informations en temps réel sur l’état d’un équipement, d’un stock
de composants ou la provenance d’un produit alimentaire devient un besoin croissant, dicté par des problématiques de sécurité, d’accroissement d’activité et de maîtrise des coûts.
Traçabilité. Spontanément, le terme évoque la sécurisation de la chaîne
alimentaire, depuis les sérieuses menaces qu’ont provoquées la maladie de
la vache folle (épizootie bovine ESB) et la grippe aviaire (virus H5N1)... Mais un bon
nombre d’industries dans le monde n’ont pas attendu ces événements très médiatisés pour mettre en place un suivi systématique
et automatisé de certains biens ou marchandises.
Au quotidien, on utilise le terme traçabilité
un peu abusivement en lui donnant la
définition de «capacité à suivre un produit
ou un bien». Ainsi, de nombreuses applications
viennent spontanément à l’esprit
dans le domaine de la logistique (gestion
de stocks de produits, de palettes, d’emplacements…),
du transport (gestion de
flotte, d’équipements, de voyageurs…), du
fret (gestion de colis, de marchandises en
départ et en arrivée…), de la distribution
(flux tendus, produits frais, réapprovisionnement…),
ou encore de la santé (rappel
de produits défectueux, recherche et attribution
des lits, des chariots…).
Associée au «monitoring», la traçabilité
peut permettre des affectations de ressources
en temps réel ; elle facilite la prise
de décision rapide ; elle apporte un historique
des produits tracés comme la date
de la dernière maintenance ; elle est une
preuve du respect des engagements pris
comme le respect de la chaîne du froid…
La traçabilité d’un objet peut être réalisée
via de nombreux média. Cela dépend de
la problématique que l’on souhaite adresser
et des conditions opérationnelles dans
lesquelles se situe l’objet à tracer. On
peut par exemple localiser des objets via
GPS en ‘outdoor’ (en extérieur) – demain
en WiMax- en ‘indoor’, ou via Wi-Fi. On
peut également chercher à identifier
l’objet que l’on trace par du code-barres,
de la RFID (Radio Frequency Identification),
ou du NFC (Near Field Communication)
qui sert à l’identification sans
contact, par fréquence radio.
Les réponses sont multiples et à chaque
application correspond une solution pertinente
en termes d’efficacité/facilité
d’implémentation/investissement.
Ainsi par exemple, sur les aéroports, le
système de réconciliation des bagages
(SRB) illustre bien les avantages d’un processus
de traçabilité bien rodé (cf. schéma,
ci-dessous).
Un système de lecture d’étiquettes avec
code-barres recense les bagages du pied
de l’avion. Les données sont remontées
vers le Système d’Information via un réseau
Wi-Fi (sans fil) et la « réconciliation » avec
le passager (nom, date, numéro de vol...)
s’opère automatiquement.
Une telle solution permet de fluidifier
l’ensemble de la chaîne logistique.
Des études sont en cours pour enrichir ce système reposant sur le code-barres
en y introduisant de la RFID qui permet
une lecture de multiples bagages de façon
simultanée, à une plus grande distance
que celle possible avec le code-barres
(quelques mètres et non quelques centimètres)
et qui permet également de
réinscrire de nouvelles informations sur
l’étiquette à différentes étapes comme
au passage des douanes...
Au-delà des bagages, ce sont, dès
aujourd’hui, les chariots d’acheminement des bagages ou ULDs qui sont suivis tout
au long de leur séjour sur l’aéroport. Ceci
est possible grâce à des « étiquettes RFID »
(encore appelées « puces RFID » ou ‘tag’),
collées sur les ULDs et qui sont lues à des
points clés du cheminement des chariots.
Il s’agit ainsi d’améliorer le suivi et la localisation
des moyens de manutention qui
acheminent les bagages.
Outre la validation de leur passage en un
point clé, la présence d’une puce RFID sur
laquelle on peut stocker des données informatiques
va permettre aux exploitants
de mieux contrôler l’état des ULDs (date
de dernière maintenance) et leur utilisation
et ainsi diminuer les coûts.
Côté informatique, une plate-forme logicielle
‘middleware’ opère les infrastructures
physiques nécessaires à la lecture des
‘tags’ ( lecteurs, antennes, capteurs de
mouvement pour déclencher les lectures
uniquement au passage d’un objet…). Une
telle plate-forme permet de gérer tous ces
équipements, qui peuvent être parfois
mutualisés entre différents clients. Elle
permet également de stocker, décoder et
interpréter les lectures ainsi effectuées sur
les ‘tags’ et d’en diffuser le contenu à
chacun des exploitants concernés.
Les deux options de Hub Télécom
S’agissant de la traçabilité, Hub télécom propose une
vision d’ensemble sur la gestion complète de la chaîne
d’acquisition de données avec différents niveaux :
• Application : Gestion de missions et des actifs/ du
patrimoine, Traçabilité
• Traitement : ‘Middleware’ ; Génération et traitement de
flux de données XML
• Transport : GPRS, Wi-Fi, WiMax , TETRA, Ethernet, Fibre
optique
• Collecte : GPS, RFID passif ou actif, Wi-Fi, Télématique
embarquée
Hub télécom est l’un des pionniers en France, sinon le
premier, à avoir proposé des services opérés (opérateur
RFID, clés en main) ; « Nous fournissons l’infrastructure
radio, et les liens télécoms, le ‘middleware’ opéré, (c’est
le cas avec le projet Air France, en partenariat avec
Tibco) », explique Roseline Brault, Directeur Ingénierie
des Services et Intégration chez Hub télécom. « Notre
proposition consiste à nous placer à l’intersection des
besoins : nous opérons des services, avec une composante
conseil et ingénierie, incluant le logiciel, jusqu’aux
solutions clés en main donc l’intégration complète,
avec le support de petites équipes à taille humaine ».
Deux options sont proposées :
Option 1 : le client préfère un service clés en main avec
un abonnement mensuel. Hub télécom investit dans
l’infrastructure, l’installe (antennes, lecteurs…), réalise
les tests, opère le service et en assure la maintenance.
Point original, Hub télécom met à la disposition de ses
clients une plate-forme logicielle ‘middleware’
mutualisée. Celle-ci envoie l’ensemble des informations
remontées par les ‘tags’ et les capteurs, sous la forme
souhaitée (fichiers XML, le plus souvent) vers le Système
d’Information (S.I.) du client et/ou vers celui de ses
partenaires (fournisseurs, clients, sous-traitants…).
Le client exploite une information « métier » issue de ses
processus, ce qui permet de les optimiser.
Option 2 : le client choisit d’investir lui-même dans
l’infrastructure. Hub télécom intervient comme intégrateur.
« Nous préconisons l’architecture et la solution les mieux
adaptées ; nous installons le matériel, nous effectuons les
tests et nous assurons, si besoin est, le lien réseau vers le
système informatique ». La formation des équipes est
assurée et la documentation nécessaire à l’exploitation est
fournie. A charge pour le client d’exploiter les informations
brutes et de les transformer et les adapter à son Système
d’Information.
Un marché atomisé
Le marché de la traçabilité est très atomisé.
Beaucoup d’acteurs s’y côtoient,
de petite ou de moyenne taille : des fournisseurs
d’équipements ( embarqués ou
non, lecteurs Intermec, Motorola, Nordic
ID..., des pistolets ou douchettes, ‘des
tags’,des imprimantes Avery-Dennison,
Paxar, Zebra... ).
On y trouve aussi des prestataires de
solution clés en main (comme Hub télécom
et sa filiale Hub télécom région),
souvent responsables de l’infrastructure
radio (RF, Wi-Fi pro et, demain, WiMax).
On y rencontre les géants du conseil et
de l’ingénierie, tels qu’Accenture, Capgemini,
IBM, Unilog... qui interviennent sur
une partie des prestations. Enfin, des éditeurs de logiciels, notamment ceux
qui détiennent des plates-formes ‘middleware’
et bases de données : IBM Websphere,
Oracle, SAP, BEA...
Le prestataire a généralement en charge
l’installation de l’infrastructure, qui peut
être dédiée à un client ou à un site, et dans
ce cas, elle est mutualisable. Mais ce même
prestataire doit surtout proposer une solution
qui permette de remonter les données
collectées vers une infrastructure
informatique opérée centralement et de
redescendre ensuite les informations utiles
vers le ou les clients qui ont besoin du
suivi des objets.
Sur les sites d’installation, il existe souvent
des applications avec code-barres, qu’il est
possible de faire évoluer efficacement
grâce à la technologie RFID sur une infrastructure
de réseau sans fil (ou réseau « Wi-
Fi pro »). Ces applications nécessitent
d’enrichir le système d’information.
« L’enjeu, c’est de mettre à disposition des
acteurs de la chaîne logistique les bonnes
informations qui vont leur permettre d’optimiser
les flux et les processus », explique
Ronald Kirjner, Responsable du Pôle Solutions
Métiers de Hub télécom.
Les fréquences de la RFID, Tags passifs ou actifs
• Tags passifs : ils n’émettent pas ; ils sont lus par des
portiques, permettent de faire de la validation; leur prix
commence à quelques centimes d’euros mais il faut les
compter en milliers voire en millions de pièces ; ils
trouvent leur justification dans certains métiers comme
le transport et la logistique ou dans le secteur de la
santé ; ils ne manquent pas d’arguments : leur prix,
modique, les rend attractifs pour des applications de
masse.
• Tags actifs : ils sont utiles pour la géolocalisation en
temps réel : « zoning » à distance ; sur une zone de
couverture radio, munis d’une alimentation autonome
(batterie), ils ont une capacité d’émission portant
jusqu’à 50 mètres, voire 100 mètres ; comme des
marqueurs électroniques d’identification
programmables (émetteur-récepteur), ils communiquent
périodiquement avec un ordinateur central chargé de
contrôler leur présence dans un périmètre pouvant se
réduire de 3 à 10 mètres. Si l’un des tags sort du
périmètre de contrôle, l’ordinateur central émet une
alerte. Il peut alors, lui-même enclencher une recherche
de localisation.
Ces multiples possibilités expliquent la disparité des
prix : les tags de grande diffusion ne coûtent que
quelques centimes d’euros, alors que certains modèles
actifs peuvent coûter plusieurs dizaines d’euros !
Une approche réglementaire
ou par métier
Sur le terrain, on dénombre encore très
peu de projets industriels réellement déployés
à grande échelle. Le plus souvent
on en est à la phase pilote.
« C’est un marché encore très ouvert, avec
un fort potentiel de développement, donc il
y a des places à prendre », observe Roseline
Brault, Directeur Ingénierie des Services et
Intégration chez Hub télécom.
Pour la mise en oeuvre d’applications de
traçabilité, deux approches coexistent :
• d’une part, il existe une justification réglementaire
ou sociale. Par exemple, dans
le milieu hospitalier, ce sont des applications
liées aux soins des patients-malades
et des personnes âgées ou à mobilité réduite
: « Il s’agit souvent d’un recensement
automatique des lits occupés. On voit également
se développer la surveillance des
bébés par bracelets électroniques ».
• d’autre part, on recense des applications
intrinsèques à certains métiers : « Il s’agit là,
le plus souvent, d’améliorer la fiabilité des
processus ou d’optimiser la fourniture des
services aux clients. Par exemple, des loueurs
d’engins commencent à facturer selon l’usage
(c’est le ‘pay per use’), plus attractif que le
forfait », explique Roseline Brault.
Dans le milieu aéroportuaire, ces solutions
se révèlent particulièrement intéressantes pour les services au passager. Ainsi, avec
le ticket électronique, il devient possible
d’assurer le suivi jusqu’à l’embarquement,
sans intervention humaine.
De même, dans les ports, la chaîne logistique
des conteneurs, impliquant armateurs,
transitaires, transporteurs..., a beaucoup
à gagner des applications de traçabilité.
La CNIL, l’éthique et les données sensibles
Selon la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL,
France), la RFID est appelée à gérer des données personnelles donc
sensibles. La question se pose «dès lors que la technologie RFID permet
d’instituer un maillage dense d’analyse des milliers d’objets qui
entourent une personne».
L’organisme protégeant les libertés en la matière énumère tout un
ensemble de données : celles concernant la circulation des personnes ;
les systèmes de lecture à distance limitée (titres de transport, du type
carte Navigo, cartes de fidélité). Comme pour beaucoup d’autres
applications dites sensibles, la CNIL pointe la nécessité de l’anonymat
dans certaines configurations (mot de passe anonyme ou non, etc.). Pour
le suivi des bagages, elle reconnaît un environnement spécifique mais
parle d’une « neutralisation souhaitable dès achèvement de la finalité » ;
idem pour le secteur de la santé : pas question de permettre un fichage
des malades et de leurs pathologies!
« Une technologie n’est pas bonne ou mauvaise », précise la CNIL. « C’est
l’usage qui en est fait qui est analysé. C’est le système dans son
ensemble qui est évalué ».
Des freins techniques,
psychologiques et financiers
Si les possibilités sont donc très vastes, il
existe néanmoins quelques freins.
Première catégorie d’objections : la normalisation.
En effet, le choix des normes
de codes ou de fréquences utilisées peut
être un point crucial.
Si l’application reste au sein d’un campus
ou d’un cercle restreint -on parle alors de
« boucle fermée »- on ne rencontrera pas
de problème d’interopérabilité.
En revanche, s’il s’agit d’une application
en «boucle ouverte » - c’est-à-dire que
les biens ou marchandises transitent
entre des partenaires hétérogènes, pouvant
intervenir à l’échelle internationale
(Europe, Etats-Unis, Asie...), le choix des
codes ou fréquences utilisés doit être bien
réfléchi, car il est clair qu’un ‘tag’ doit
pouvoir être lu partout.
Autre sujet de discussion : le risque de
«flicage». Certaines entreprises craignent
des réactions de rejet de la part des personnels
qui redoutent une forme de surveillance
permanente. Avant toute mise
en oeuvre, il est nécessaire d’instituer des
comités de pilotage qui réunissent toutes
les catégories de personnels concernées
afin de lever les objections en se référant
notamment à la réglementation qui impose
des garde-fous.
Les autres formes de résistance tiennent
à l’ampleur de la logistique qu’il faut
déployer et aux coûts induits. «Un bon
nombre d’entreprises déclarent avoir déjà
beaucoup investi dans le code-barres ; elles
rechignent à aller au-delà. Le retour sur
investissement ne leur paraît pas évident,
à court ou moyen terme», constate Roseline
Brault.
C’est un fait : le code-barres n’a pas vocation
à disparaître du jour au lendemain.
Il va coexister avec la RFID. Mais celle-ci
apporte des avantages indéniables. Cas
le plus courant : les marchandises, à
l’unité, conservent l’étiquette code-barres,
tandis que les palettes, les conteneurs et
les équipements de transport accueillent
des ‘tags’ RFID.
Enfin, la question du financement de ces
nouvelles applications mérite effectivement
examen. Qui va payer? Le transporteur ou
le destinataire final de la marchandise
(importateurs, grande distribution...). Pour
débloquer la situation, il peut notamment
être intéressant de mutualiser le coût des
infrastructures...
Exemple de standards : le GS1 eCom
Parmi les organismes qui
participent à la
standardisation et à la
promotion de la traçabilité,
figure le GS1 qui travaille pays
par pays, sur le code-barres.
A titre indicatif, son Business
Message Standard 2.4 qui réduit
le processus manuel entre
partenaires commerciaux,
formalise et complète des
messages portant sur les
commandes (‘Order’, ‘Configure
to Order’, ‘Multi Shipment
Order’, ‘Order Response’) en
formats XML et EANcom
notamment. Les Pays-Bas
viennent d’apporter une
amélioration au «Despatch
Advice» notamment pour les
produits frais : la mention du
pays de transit et de
production va s’imposer
progressivement.
Pour la RFID, des normes sont
déjà avancées comme celle de
l’organisation IATA (RP1640)
ou encore la norme EPCGen2,
conçue par GS1, pour permettre
leur interopérabilité.
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